Daniel Warner

Dr Daniel Warner


 


"American in Geneva" since 1972, Daniel Warner was until 2010 Political Scientist at the Graduate Institute of International and Development Studies(http://graduateinstitute.ch/). PhD in Political Science, Dr Warner has served as an advisor to the ILO, UNHCR and NATO as well as a consultant to the Ministries of Foreign Affairs and Defense of Switzerland. He has lectured at Oxford, Cambridge, Yale, Moscow State University, Hebrew University, to mention just a few. His work has been translated into French, German, Russian, Arabic and Persian. Dr Warmer first visited the USSR in 1984 and has been going back regularly ever since.


 


Le politologue Daniel Warner, un Américain à Genève


FRANCINE BRUNSCHWIG (11 janvier 2009)


Qui est Daniel Warner, cette voix de l'Amérique, quasi unique, à laquelle les médias, et notamment la Radio romande, tendent régulièrement le micro depuis le début de la campagne électorale américaine? Le politologue fait aussi partie de «l'Observatoire Obama» qui, dans l'émission Le grand 8 , scrutera les premiers pas du président américain.


Paradoxalement, le directeur du Centre pour la gouvernance internationale (CIG) à l'Institut de hautes études internationales et du développement à Genève (HEID) est depuis longtemps plus Suisse qu'Américain. D'ailleurs, d'ici quelques semaines, après trente-six ans passés dans ce pays qu'il avait d'abord trouvé «trop vert et trop propre», le New-Yorkais du Bronx sera fier d'arborer son tout nouveau passeport helvétique. «C'est en Suisse que je me sens à la maison, j'y ai maintenant passé plus de temps qu'en Amérique. Je respecte et j'admire les valeurs suisses», témoigne Daniel Warner. Il a vécu quinze ans à Villars-sur-Ollon avant de poursuivre ses études à Genève, où il vit depuis 1986. En 2007, il s'est remarié avec la Genevoise Elisabeth Decrey. Se sent-il encore Américain? «Je garde mon passeport US et mon accent!»


Mandaté par le Département fédéral des affaires étrangères depuis de nombreuses années pour former à la diplomatie et à la démocratie des jeunes fonctionnaires des pays de l'Est et du monde entier, Daniel Warner parcourt le globe plusieurs mois par année. «Si je me suis distancé des Etats-Unis, c'est parce qu'ils se sont éloignés de moi», affirme le politologue qui, en 1968, écrivait des discours pour Bobby Kennedy, son modèle.


La rupture a eu lieu il y a longtemps, au temps de la guerre du Vietnam. Et Daniel Warner ne s'est jamais vraiment réconcilié. Même si l'élection de Barack Obama lui a donné des frissons - «ce fut un grand moment» - le pourfendeur de l'empire américain, «du militarisme et des écarts inacceptables entre riches et pauvres», reste prudent. «Le monde attend trop d'Obama. » Pour Daniel Warner, champion du multilatéralisme, l'ère de l'hyperpuissance américaine est révolue. «Dans un monde devenu interdépendant, Barack Obama saura-t-il être un leader ouvert à la coopération?»


Elève de la prestigieuse Horace Mann School à New York, fils de parents démocrates, le jeune Daniel a deux passions: le tennis et la politique. Il a 21 ans en juin 1968, étudie la philosophie et la religion à Amherst College lorsque Bobby Kennedy, qu'il admire, est candidat à la présidence. «J'ai travaillé pour lui et notamment au discours qu'il a prononcé à Los Angeles juste avant d'être assassiné. » La même année, il obtient une bourse pour la London School of Economics mais il est appelé au Vietnam. Ne veut pas y aller, mais pas déserter non plus.


Alternative: s'engager comme enseignant dans des quartiers difficiles. «On disait que c'était plus dur que le Vietnam, car là-bas, au moins, on pouvait riposter. J'ai été l'un des premiers Blancs à enseigner dans une école noire à Harlem», affirme celui qui a aussi beaucoup lutté avec le mouvement des droits civiques et côtoyé les racistes du sud des Etats-Unis. En 1972, avec son épouse franco-américaine, il décide de prendre le large. Destination, l'Europe.


«Lorsque nous sommes arrivés à Genève, mon ex-femme m'a dit: il fait bon, pourquoi n'habiterions-nous pas ici?» Daniel Warner trouve une place de professeur au collège alpin Beau-Soleil à Villars. Il reprend le tennis, joue souvent à Lausanne, au Club de Montchoisi. «Beaucoup de gens ne me connaissent que par le tennis. » Il brille dans les interclubs et occupe un temps le poste de responsable junior à la Fédération suisse de tennis en Valais.


Dès 1986, il reprend ses études, travaille au BIT, publie son doctorat sur l'éthique de responsabilité dans les relations internationales qui lui vaut le Prix de la Société académique de Genève. Sa carrière se développe à HEI d'où le spécialiste en diplomatie multilatérale a tissé un réseau mondial.


 


 

Interêts

Genève, Geneva, World, USA, Switzerland, Graduate Institut of Geneva